Entreprendre pour me réinventer

Je n’avais jamais vraiment envisagé l’entreprenariat dans mon « futur professionnel ». Tout d’abord, parce que j’ai su ce que je voulais faire très tôt, sans me poser trop de question : être psychomotricienne. Et puis, aussi, tout simplement parce qu’en grandissant, je n’avais personne de ma famille qui avait pris cette voie, donc je ne m’y étais jamais intéressée ou identifiée.

Finalement, c’est après quelques années d’expériences dans mon métier, que je me suis rendue compte que j’avais une idée qui revenait dans temps en temps, que je nourrissais de fantasmes, mais sans jamais tenter une quelconque approche plus réaliste. Elle n’était qu’un rêve et je n’y accordais pas tellement plus d’importance… Cette idée, c’était bien sûr allier mon métier « passion » à mon activité favorite : la couture.

Il aura fallu beaucoup de temps avant que je réalise que mon idée pouvait devenir réalité. Et il m’a fallut encore beaucoup de temps après ça pour trouver l’énergie, l’envie, la disponibilité pour la développer…

Avec le recul, le timing que j’ai choisi n’est pas un hasard : c’est seulement lorsque j’ai quitté mon travail pour suivre mon conjoint que ce projet m’a semblé réalisable, possible… Bon et là encore, il m’a fallu beaucoup de temps avant de me lancer. Premièrement, parce que j’ai du vaincre ce fichu syndrome de l’imposteur qui te fait croire que tu n’as pas ta place dans ce que tu entreprends ; et deuxièmement parce que ma période de chômage anticipée s’est couplée avec un premier trimestre de grossesse plutôt chaotique… Oui. Tout ça en même temps. Pendant l’été 2019. Un vrai combo !

Vous comprendrez donc que mon idée, j’ai vraiment eu le temps de l’imaginer, de la déconstruire, de la triturer dans mon esprit avant même d’oser prendre un crayon et écrire dans un carnet….

Passée la période de culpabilité liée à ma situation de « sans emploi » et les nausées qui te clouent au canapé, j’étais boostée pour l’automne, pour m’atteler à mon « petit projet occupationnel » comme j’aimais l’appeler… Ce qui ne devait donc n’être qu’un « passe-temps’ pour m’occuper l’esprit le temps de ma grossesse s’est progressivement transformé en un projet un peu plus ambitieux, au fur et à mesure que je prenais de l’assurance.

Parler, raconter, décrire ce que je faisais à mon entourage, ça m’a bien aidé à assumer…

Au début, j’en avais un peu honte, je minimisais pour ne pas avoir à gérer un éventuel échec. Parce qu’entreprendre, c’est aussi accepter de prendre des risques et de potentiellement rater ; mais ça, on pourra en reparler plus tard…

Donc, au début, j’étais là, toute guillerette avec mon idée de matériel en couture comme quand on fait la queue devant une super attraction toute colorée… Mais au fur et à mesure que je découvrais tous les domaines annexes à prendre en compte, c’était comme arriver tout en haut de l’attraction après 1 heure d’attente, et soudainement se rendre compte que peut-être c’était un peu ambitieux de faire un grand huit juste après le déjeuner… Gros moment de doute, de remise en question, de « j’y vais, j’y vais pas… » Honnêtement, sans le soutien de mes proches, j’aurais fais demi-tour….

S’en est suivie toute une période de montagnes russes émotionnelles, entre l’impression de gravir des montagnes hyper hautes un instant, et de faire du sur-place pendant plusieurs jours la semaine d’après…

C’est primordial de ne pas tout gérer de front, tout seul. Mon conseil : faite le tour de votre entourage et de vos proches : c’est sûr qu’ils ont beaucoup à vous apporter, en terme de compétences que vous n’aurez pas le temps de déployer notamment. Ça ne veut pas dire les laisser tout faire. Non. Mais savoir demander de l’aide, un coup de main pour comprendre certains points techniques…Et vous faire gagner un temps précieux. ! Ah oui, parce qu’après avoir laisser TOUT ce temps s’écouler, vous aurez peut-être maintenant envie que tout aille très très vite, que tout se mette en place rapidement, comme pour rattraper le retard de la mise en route… En tout cas, moi, j’ai du gérer ce besoin d’immédiateté une fois que toutes mes idées étaient couchées sur papier ! Alors qu’en fait, ça prend encore plus de temps de les mettre en forme…

Et puis, une fois que tout semble bien ficelé, qu’on a testé quasi tout les manèges du parc, on se sent prêt pour le grand saut de l' »officialisation » ! Devenir Entrepreneur pour de vrai, avec un vrai statut. Mais il faut encore bien s’accrocher parce que les méandres de l’administration française ne sont pas une vraie partie de plaisir. Toutes les informations se contredisent d’une année sur l’autre, les cas de figures sont très diverses et il est difficile d’obtenir une réponse personnalisée à sa situation… Un vrai casse-tête ! Que je viens tout juste de résoudre (un peu) d’ailleurs !

Bref, entreprendre, ce n’était pas du tout un chemin tout tracé pour moi mais je m’y suis finalement prise au jeu… Ce que j’avais imaginé comme un passe-temps pendant mes quelques mois de grossesse est devenue bien plus grisant et passionnant qu’au départ… C’est officiel, la Bobine Sensorielle est créée !

Pour conclure toute cette histoire, j’ai eu envie de créer une petite vidéo générique, qui résume ce qu’entreprendre signifie pour moi…