Le dialogue tonico-émotionnel

Le « dialogue tonique » sous-entend bien évidemment l’idée d’échange, de transmission d’informations, un support de communication corporelle.

Le tonus correspond à un état de tension musculaire, reflétant notre vie émotionnelle au travers d’une gestuelle plus ou moins vive, fluide, tendue, …

Mis en jeu dès le début de la vie, le dialogue tonique correspond donc à un moyen de relation émotionnelle avec le monde extérieur au travers des états de tensions corporelles (dans des variations allant de l’hypertonie à l’hypotonie).

Mais en réalité, qu’est-ce que ça donne ?


« Pendant 9 mois, enveloppé et bercé dans le ventre de ma mère, je ressens déjà dans mon corps et dans mon environnement direct toutes ses tensions musculaires, ses mouvements, sa gestuelle, ses émotions.

Puis, après ma naissance, je suis caressé, câliné, apaisé que ce soit pendant le bain, dans des moments de jeu avec papa ou maman, ou même après mon repas ou les moments de changes.

Sensible aux variations toniques et rythmiques des bras qui me portent et du visage qui me parle ou me sourit, je suis un fantastique « lecteur d’émotions » : j’éprouve dans mon corps l’état émotionnel de papa ou maman. 

Souvent, mes parents « devinent » ce qui se passe pour moi, et répondent alors à mes besoins par des soins adaptés, mais aussi par des gestes apaisants, des mouvements doux, détendus, une voix calme, des mimiques souriantes. Je comprends alors que je peux m’apaiser, me détendre moi aussi, me laisser aller dans ces bras chaleureux qui m’offrent la possibilité d’un relâchement musculaire.

Parfois, maman ou papa ne comprennent pas ce que j’essaye de dire au travers de mes pleurs et de mes protestations. C’est très frustrant pour eux ! Ils sont alors plus raides, fermés, avec un rythme gestuel plus saccadé, et je fais l’expérience de bras plus tendus, qui m’incitent moins à m’apaiser.

Je me découvre et je m’éprouve alors dans mon corps en relation, en communication.

En grandissant, et à force de répétition de toutes ses expériences, puis avec l’émergence du langage, je sais maintenant un peu mieux exprimer mes émotions et mes besoins. Ma mémoire corporelle a fait son travail tout doucement, gardant de ces premiers mois de vie une trace tonico-émotionnelle. 

C’est ce qui fait maintenant, entre autres, ma manière unique d’habiter mon corps, de me mouvoir, de m’ajuster (plus ou moins justement) à mon environnement.

Et puis, dans ma vie d’enfant, d’adolescent et même d’adulte, il y a eu d’autres rencontres, d’autres relations, d’autres interactions qui m’ont forgées et construits. Tout cela constitue ma manière de « m’accorder » aux autres ; comme deux instruments de musique essayent de se régler sur une note commune en ajustant leur tension, leur longueur, leur timbre, leur tempo etc.

Il arrive que des obstacles de vie viennent entacher la cohérence que j’ai développé entre mes émotions et ma manière de les exprimer corporellement. Tous ces éléments m’apparaissent alors plus discordants et chaotiques, et mon accordage tonico-émotionnel n’en est que plus confus.

Peu importe mon âge ou les étapes de ma vie, ce peut être l’occasion, dans ces moments-là, de me faire accompagner pour retrouver une plus grande harmonie psychomotrice. »