La psychomot’ auprès des personnes âgées

De plus en plus de postes s’ouvrent en EHPAD ou autres structures pour personnes âgées. Pour autant, le rôle du psychomotricien est parfois flou pour les équipes soignantes, ce qui n’aide pas à trouver sa juste place. Voici un petit tour d’horizon non-exhaustif des missions du psychomotricien…

Et n’hésitez pas à ajouter votre pierre à l’édifice dans les commentaires en témoignant de votre vécu pour enrichir l’échange !

Apprivoiser le corps vieilli, malade, handicapé pour aider la personne âgée ou malade à le reconnaître comme sien, voilà le rôle principal du psychomotricien auprès des personnes âgées . C’est un accompagnement dans l’acceptation des pertes tant corporelles, psychiques que psychosociales grâce à la revalorisation des compétences restantes. Les notions de « plaisir » et de « bien être » sont donc essentielles pour pouvoir se détacher du corps qui devient malheureusement un objet de soins en institution.

1. Contribution à l’élaboration du projet de soin individualisé

Le psychomotricien fait partie de l’équipe pluridisciplinaire. Son regard est complémentaire d’avec le MEDEC (médecin coordinateur), l’IDEC (infirmier coordinateur), le psychologue, l’ergothérapeute, les aides soignants, …

Ce travail d’échange et de communication permet d’avancer en équipe vers une meilleure compréhension de la personne accueillie, de ses troubles et difficultés rencontrées au quotidien. Peut alors se dessiner un projet de soin adapté aux capacités et aux désirs du résident.

2. Bilan psychomoteur

Tout comme avec d’autres types de population, le « bilan » est avant tout une rencontre avec la personne, une compréhension de son identité, de ses besoins et attentes, de ses difficultés et de ses capacités.

Par une observation fine du patient, de son environnement (et dans ses interactions) au cours de différentes situations proposées, cela permet d’élaborer une photographie à un instant T de sa manière d’habiter son corps.

Le compte-rendu de bilan est comme un fil conducteur du projet de soin en psychomotricité : il complète les observations de l’équipe pluridisciplinaire et étaye le projet thérapeutique personnalisé.

3. Rôle d’étayage auprès du patient

Être psychomotricien en EHPAD ou en SSIAD ou tout autre structure ne se résume pas à un travail d’équipe et des bilans, et heureusement !

Il s’agit par la suite de mettre en place des suivis, des accompagnements ou des soins afin de mobiliser le patient tant sur le plan moteur, cognitif qu’affectif. Que ce soit en individuel ou lors de groupes, l’objectif est d’accompagner le patient dans la prise de conscience de ses capacités, de l’aider à créer du lien entre ce qu’il a été, son histoire, et ce qu’il est aujourd’hui et le revaloriser dans son identité.

Cela peut passer par des soins de touchers thérapeutiques, de la gym douce, des temps Snoezelen ou de la balnéo-thérapie, de l’éveil sensoriel, de l’accompagnement à la marche ou une réhabilitation fonctionnelle, un accompagnement vers une plus grande autonomie, …

4. Accompagnement auprès des collègues

Le dernier rôle du psychomotricien ne se situe pas auprès des patients mais bien auprès des collègues. Formation, soutien et accompagnement dans des situations complexes sont des missions très importantes pour promouvoir la psychomotricité dans les équipes, trouver sa place et répondre aux besoins institutionnels.